Panhard à Eurosatory:
Le CRAB avec tambour et trompette
Date de parution: 18/06/2012
Au « salon de la défense et de la sécurité terrestres » Eurosatory 2012 qui s’est tenu du 11 au 15 juin à Villepinte, Panhard General Defense, leader du domaine des blindés légers de moins de 15 tonnes, a présenté toute sa gamme de produits : véhicules de combat, de transport, de liaison et de soutien, ainsi que sa gamme d’armements téléopérés. Depuis la livraison en 1904 à l’armée française des premières automitrailleuses Panhard-Genty, la marque est étroitement liée à toutes les opérations extérieures réalisées par l’armée de Terre. Panhard a une longue tradition de conception et de fabrication d’engins blindés de combat qui ont trouvé le succès tant en France qu’à l’export (AMD, AML, EBR, ERC) depuis cinquante ans.
Le renouvellement de l’offre Panhard passait en 2012 par la création d’un nouveau type de système d’armes terrestre mobile, offrant le meilleur de la technologie tout en répondant aux critères économiques exigeants. Pour le général de division Vincent Desportes (2S), conseiller spécial du Président de Panhard 1, a présenté à Eurosatory 2012 « deux grandes nouveautés ».
La première de ces nouveautés, c’est «le SPHINX, présenté il y a deux ans et que nous avons équipé d’une nouvelle tourelle Lockheed-Martin qui en fait un véhicule désormais d’un excellent rapport rendement opérationnel/prix. Un véhicule léger, grande mobilité, qui est je crois un candidat absolument idéal pour le BRC qu’attend l’armée française.»
Le SPHINX, candidat au programme EBRC de Scorpion, associe un concept de plate-forme blindée d’une grande mobilité, grâce à son rapport poids-puissance supérieur à 30 CV/T, à une tourelle armée d’un canon de 40 CTA de Lockheed Martin. Il réduira les coûts de manière spectaculaire grâce à un coût global de possession très attractif.
« La seconde nouveauté, c’est le CRAB 2, un concept révolutionnaire, qui va introduire un mode nouveau de combat mobile, concept sans équivalent sur la marché » que le général Desportes remet en perspective. « Le CRAB est un véhicule léger de reconnaissance, un véhicule d’aide à l’engagement qui est révolutionnaire parce qu’il est conçu autour d’une idée tactique quoi est celle de la manœuvre renouvelée. »
Le général Vincent Desportes à Eurosatory devant le CRAB (Combat Reconnaissance Armoured Buggy). (Photo © Joël-François Dumont)
« Nous avons conçu un véhicule autour de deux idées : autour de la téléopération que nous avons alliée à l’idée de cellule de survie. C’est le seul véhicule aujourd’hui sur Eurosatory qui soit véritablement un outil conçu autour de la téléopération. Cela donne un véhicule qui a une hyper mobilité avec une grande capacité d’agression et qui est capable de remplir de manière optimale toutes les missions que l’on confie aux forces de liberté d’action chargées d’obtenir une liberté d’action, mission de reconnaissance, chargée de manœuvre de couverture, de flanc garde, et de manœuvre d’accompagnement de la manœuvre des engins principaux de combat. »
Comme le fait remarquer le général, ce matériel tombe à point nommé : à un moment où « les armées sont confrontées à une baisse des budgets d’acquisition d’équipements conjuguée à une hausse significative des coût de MCO des matériels de la nouvelle génération, ce qui conduit mécaniquement à une réduction dramatique des formats qui descendent sous le seuil des masses critiques de manœuvre. Le CRAB fut donc conçu et imaginé dans l’optique de redonner à l’armée de Terre un moyen d’économie des forces capable, sous des coûts de possession très restreints, de réaliser un grand nombre de missions avant l’intervention décisive des Engins Principaux du Combat, Leclerc, AMX10RC et plus tard EBRC. »
Le CRAB est armé d’une tourelle belge téléopérée de 25 mm de CMI (Cockerill Maintenance & Ingénierie).équipée d’une vétronique Thales. Un marché mondial évalué à plusieurs milliers de véhicules. (Photo © Joël-François Dumont)
La chaîne cinématique est conçue pour obtenir une très haute vitesse d’évolution en tous terrains, et une très grande agilité en zone complexe (urbaine en particulier). Thales fait équipe avec Panhard dans le développement du CRAB. L’électronicien français fournit le réseau vétronique Systronique à base de postes équipage standardisés compatibles des futurs labels et standards Scorpion 3.
La capacité d’emport du CRAB en matière d’armement et de systèmes permet de décliner la plate-forme de combat en une famille complète, portant des systèmes d’armes combinant des armes de 7,62 à 30 mm et des missiles, destinés tant à l’engagement terrestre qu’à la lutte anti-aérienne.
« Compte-tenu de leurs spécificités – mobilité et puissance de feu notamment - les unités CRAB, douées d’une grande polyvalence, peuvent participer de manière à la fois efficace et efficiente aux trois phases des opérations (intervention, stabilisation, normalisation) et agir, au cours de ces phases, tant en offensive, en défensive qu’en sécurisation. Dans les nouveaux contextes d’emploi des forces, la sûreté prend une importance primordiale puisque l’objectif adverse est de s’attaquer aux points faibles. Les unités CRAB peuvent jouer dans ce domaine un rôle essentiel. »
Pour Christian Mons, président de Panhard General Defense, avec le CRAB « Panhard vise clairement le programme de Véhicule Blindé d’Aide à l’Engagement (VBAE), qui succèdera au VBL dans les pelotons de l’Arme Blindée Cavalerie (ABC). Le VBAE se situe dans le calendrier de la phase 2 de l’opération Scorpion. Le VBAE nourrit quelques ambitions à côté du simple remplacement des VBL, qui sont aujourd’hui les yeux et les oreilles des Leclerc et des AMX10RC. La fonction « Aide à l’Engagement » pourrait aller un peu plus loin et intégrer une fonction Tir Au-delà de la Vue Directe (TAVD) que l’EBRC ne portera finalement pas. C’est dans cet esprit de modularité de plate-forme que le CRAB a été imaginé. »
Le concept d’emploi du CRAB rappelle celui de l’A-10 américain, cet avion construit autour d’un canon. Le général Desportes reconnaît volontiers que « l’idée de base est exactement la même. C’est-à-dire qu’on a conçu le véhicule blindé autour d’une idée tactique et d’une conception générale de la manœuvre. Et on l’a habillé. Nous n’avons pas d’abord pensé millimètre de blindage ou calibre des armes, nous avons pensé idées opérationnelles, nous avons pensé capacité et hyper mobilité et nous avons architecturé le véhicule autour de cette idée, un peu comme l’A10 qui a été conçu autour d’un canon. »
Le nom de Panhard est traditionnellement attaché à l’armée française, mais aussi à de nombreuses armées étrangères. Que représente l’exportation pour Panhard et quels sont les matériels que l’armée française utilise sur le terrain de la marque ?
« L’armée française » précise le général Desportes « utilise de très nombreux véhicules Panhard. En particulier, elle a acquis récemment le petit véhicule protégé qui sert aujourd’hui en Afghanistan avec beaucoup d’efficacité.
Elle utilise évidemment le véhicule blindé léger, le VBL, qu’elle a acquis à 2500 exemplaires. Nous utilisons encore très largement le RC 90 en particulier sur tous nos théâtres d’opération extérieure. Il est évident que l’exportation est pour nous tout à fait importante et je crois que le véhicule CRAAB va correspondre véritablement à un besoin. Ce véhicule qui permet dans les grandes zones désertiques et peu peuplées, de couvrir très largement l’espace avec un nombre de véhicules relativement limité compte tenu de la très grande mobilité de ces véhicules. »
1 Le général Vincent Desportes, saint-Cyrien est issu de l’arme blindée cavalerie. Ingénieur, titulaire d'un DEA de sociologie, d'un DESS d'administration des entreprises (CAAE), docteur en histoire, il est aussi breveté de l'École supérieure de guerre et diplômé de l'United States Army War College. Attaché militaire à Washington, il occupera divers postes avant de prendre en 2008 la tête du Collège interarmées de défense (CID) jusqu'à l'été 2010. Conférencier, enseignant la stratégie à HEC, il est aujourd'hui conseiller spécial du président de Panhard et professeur associé à Science-Po Paris.
2 CRAB « Combat and Reconnaissance Armoured Buggy ». Avec un équipage de trois hommes, ce nouvel engin de combat appartient à la classe des 8-10 tonnes. Le CRAB, candidat au programme VBAE de Scorpion, combine deux technologies maîtrisées par Panhard, la cellule de survie et l’intégration de système d’arme téléopéré, qui permet de réaliser un CRAB à la silhouette basse et à la masse réduite, tout en offrant un niveau de protection exceptionnel pour cette gamme de poids. L’A400M pourra embarquer un peloton de trois engins en ordre de combat, son système d’arme délivrant une puissance de feu significative.
3 Source : Panhard Communication.
Par Joël-François Dumont

Après un bref passage comme diplomate, journaliste de défense pour la radio et la télévision de 1969 à 2011, spécialisé dans les questions de politique étrangère. Comme tous les anciens, il a le privilège de cultiver une certaine mémoire institutionnelle et d’avoir beaucoup navigué. A lancé en 1997 le site 







